La famille

Photo de famille - PichonL’histoire du domaine et de la famille est toute classique du mode de vie paysan en notre chère Gascogne. Depuis la fin du 16° (vers 1590 où nous retrouvons quelques traces d’état civil) se sont succédés des vignerons résidants à Pichon, au service des vignes du Cagnard.

 

De tous les documents accumulés, remarquons qu’étaient conservés les actes officiels, les livres religieux témoins de la foi catholique héréditaire, les ouvrages bien-pensants collatéraux, les livres scolaires et enfin la bibliothèque de Frédéric Réjalot, vétérinaire au tout début du 20° siècle.

 

Si les livres d’histoire se ressemblent étrangement de 1905 à 1965, décrivant entre autre la fin de la féodalité au tournant de la révolution, rien dans notre histoire locale ne laisse entrevoir ces grands évènements. Pourtant il fallait bien apprendre par cœur une flopée de dates pour obtenir le sésame de l’instruction. Les programmes pédagogiques n’étaient pas construits pour instruire sur la vie paysanne.

 

Nous les imaginons bien éloignés de ces évènements qui remplissent les manuels, plus attachés à cultiver leurs vignes et à vendre le vin.

Ainsi la Cour de la bourse de Bordeaux, dans un acte de 1758 obligeait un sieur malveillant à payer à notre aïeul Jean Faget la vente de quatre barriques de vin rouge pour la somme de trente cinq livres chacune, fût compris.

 

Jean Faget était bien propriétaire de ses vignes qu’il tenait de son père Jean lui-même héritier de Jean et ainsi de suite. Peu d’originalité dans le prénom, on ajoutait donc « le jeune » avant de devenir un jour « le vieux ». Seul Pierre interrompt la lignée des Jean. Un acte de 1662, devant le notaire de Damazan en Condomois le montre acquéreur d’une vigne en bouzigue. Est-ce le nom de la parcelle, toute proche de Pichon, ou est ce une vigne en friche (traduction du patois bouzigue) ?

Tous propriétaires de leurs vignes et tout simplement vignerons, portant déjà haut la renommée des vins de Saint Léon.

 

Le patronyme Faget disparaîtra avec la naissance de quatre filles. Trois épouseront de jeunes hommes tous prénommés Jean. Ce prénom devait être universel !

 

A Pichon demeura Françoise qui épousa Géraud Bordes. Ce nom croisera deux fois la destinée de Pichon. En effet la fille du couple précité épousera Jacques Gourrin, débutant ainsi une lignée particulièrement attachée à l’expansion du domaine. Et lorsque leur petite fille épousera Léon Bordes en 1870, la maison, le chai et les dépendances ont l’apparence actuelle. Les vignes sont toujours au Cagnard. Frédéric Réjalot épousera leur fille Marthe en 1897, dernier mariage célébré à Pichon puisque depuis ne se sont succédés que des garçons !

 

Bien que gascon, Frédéric venait du village de Bardigues, à quelques lieues d’Auvillar. Alors que toutes les générations précédentes n’étaient pas sorties du périmètre de Saint Léon, Caubeyres ou Villeton, l’arrivée d’un jeune vétérinaire diplômé de l’école de Toulouse brisait quelque peu le rythme paysan bien ancré à Pichon. Il resta au demeurant éloigné de la vigne, comme en témoigne le diplôme du concours général agricole de Paris pour le Pichon rouge 1904 attribué à Justin Gourrin. Par contre Frédéric introduisit la culture de la truffe avec laquelle nous tentons de renouer aujourd’hui.

 

 

Photo du domaine - Pichon

 

 

Le 20° siècle allait élargir encore les horizons. Car si auparavant aucun aïeul ne s’est signalé pour ses faits d’armes, la guerre de 14 va venir bouleverser la vie de notre campagne. Frédéric ira soigner les chevaux de l’armée française et son fils aîné Jean découvrira les champs de Verdun.

Mais deux évènements d’apparence anecdotiques quoique liés à la guerre vont enrichir notre famille.

 

Tout d’abord l’arrivée à Saint Léon d’une famille fuyant Paris. Installés au château d’Overton, les Lefaurichon n’ont pas la fibre paysanne même s’ils sont issus d’une lignée de vignerons bourguignons. La fille Isabelle épousera Jean Réjalot et décèdera hélas juste après la naissance de leur fils Maurice.

 

Sur les hauteurs de Xaintrailles, Léon Sarion, blessé à Verdun vient rejoindre un ami de convalescence. Il ne peut en effet rejoindre sa Lorraine natale. Il s’établira définitivement au village à son mariage avec une demoiselle Nismes. Leur fille épousera Maurice Réjalot.

 

 

Voici la liste des vignerons, propriétaires successifs de la maison de Pichon

 

FAGET (1572 ?)

 

Jean FAGET (vers 1600)

 

Pierre FAGET (mariage 1649)

 

Bernard FAGET

 

Jean FAGET (mariage 1735)

 

Jean FAGET (mariage 1762)

 

Françoise FAGET épouse BORDES (1780 - ?)

 

Françoise Pauline BORDES épouse GOURRIN (1805 - 1843)

 

 

En 1850, après le décès prématuré de Françoise Pauline, son époux Jacques restaure et modifie les anciens bâtiments pour donner à la maison sa forme actuelle.

 

 

Géraud Justin GOURRIN (1827 - ?)

 

Gabrielle GOURRIN épouse BORDES (1850 - ?)

 

Marthe BORDES épouse RÉJALOT (1872 - 1952)

 

Jean RÉJALOT (1898 - 1996)

 

Maurice RÉJALOT (1923 - 2006)

 

Jacques RÉJALOT

Chambres d'hôtes de Pichon - Jacques RÉJALOT - 47160 SAINT-LÉON - 05 53 83 04 95 - 06 89 25 06 49 - jacques.rejalot@orange.fr